rêves d\'ailleurs

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l'étranger

et non, je ne vous ferais pas une fiche de lecture du livre de Camus , rassurez-vous (ou soyez-en desolé, selon);

 

juste quelques réflexions sur ce qu'est être un "étranger".... au Bénin.

 

je n'ai, au Bénin, sauf en quelques endroits incontournable, pas fréquenté le milieu des expat, je me suis volontairement immergée dans ce pays que je voulais connaïtre.

dans mon quartier, j'étais la seule blanche, et je faisais mes courses dans des endroits ou je n'ai jamlais vu de "yovo" (blanc).

j'ai croisé des "blancs" au centre culturel français ou j'allais à la bibliothèque et suis allée voire quelques spectacles, j'ai rencontré quelques touristes, la plus part très sympa sauf un ou deux spécimens du type odieux ou méprisants, lors de mes virées.

 

malgré le gros contentieux blancs-Afrique noire (traite negrière - colonialisme et la suite, non encore épurée), je n'ai ressenti aucune animosité ni rejet.

j'ai eu avec les commerçants des rapports normaux commerçants-clients : être blanche m'a sans doute valu de payer un peu plus cher que le béninois mes fruits et legumes, même si vers la fin du sejour j'ai pu éventer quelques trucs, bon, c'est de" bonne guerre.

dans mon von, j'ai fini par être connue et saluée gentiment par beaucoup, je pouvais discuter avec pas mal de gens de toute sorte de sujets.

 

j'en ai deja parlé au sujet de la prolongation de mon visa : il y a eu dans la relation avec la préposée un peu de tension que je n'ai pas bien comprise : "qu'est-ce que vous faites au bénin ?" j'ai senti que pour elle, je n'avais pas légitimité à me trouver là. elle me l'a fait savoir en ne m'octroyant pas les 3 mois demandés, au mépris de la loi béninoise.

 

certes, je suis étrangère, mais en tant qu'être humain, je me sens "légitime" partout ou je me trouve en ce bas monde, de la même façon que je trouve légitime la présence d'étrangers en france, quelque soient leurs divers statuts.

"la france aux français" n'a jamais été mon credo, maintenant moins que jamais.  Donc là, à l'immigration, ça a été dur !

mais l'expérience a du bon, car elle fait toucher du doigt, dans nos sentiments intimes, ce que peut être le rejet, le mépris (même si là encore la violence symbolique subie doit être relativisée)

 

blanc au bénin, c'est être 'yovo", ce que les enfants vous rappellent à longueur de journée.

"yovo bonjour, comment ça va, merci, bonsoir", c'est la comptine, la ritournelle à laquelle on n'échappe pas !

un copain béninois auprès de qui une amie se plaignait de cela a un jour remis les pendules à l'heure "j'aimerais bien, moi, quand je viens en France, qu'on me dise : "bonjour le noir, bonne arrivée, ça vous plait la France, vous êtes bien ici ? "

ne vous plaignez donc pas.

 

étrangère blanche en afrique, j'ai été beaucoup interpellée sur notre niveau de vie, sur l'envie d'immigrer en europe pour échappper à la pauvreté, et il est difficile de faire passer le discours sur la crise en france, la pauvreté chez nous ect ..... on se heurte à un mur d'incompréhension (du genre , je suppute : "elle pretend ne pas être riche mais elle a pu se payer le billet d'avion, donc ..."). La perplexité est grande lorsqu'on essaie de décrire le sort des "sans papiers", des SDF, des familles avec enfants sans toit ni travail ect ...

 

on m'a demandée en mariage, on m'a demandée de "sortir" avec moi :))) on m'a proposée de ramener en france un enfant (demande faite par le papa) ect .....

 

blanche au bénin : une echappée du paradis auquel tout le monde aspire ...... comment démonter le rêve ?

 

 



31/03/2012
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